Réunion annuelle de l’Union des Associations de mémoire des camps nazis – 23 et 24 novembre 2019 à Paris

Samedi 23 novembre

Cérémonies au Père Lachaise et au Monument aux Morts de la Mairie du 20e

La journée du samedi 23 novembre a commencé par une cérémonie au Père Lachaise. Nous avons ainsi eu l’opportunité de nous recueillir devant chacun des monuments des associations de déportés, monuments au pied desquels une gerbe a été déposée.

Cette cérémonie s’est poursuivie au Monument aux Mort de la Mairie du 20e, lui aussi fleuri pour l’occasion.

Devant le monument de Dachau, au cimetière du Père Lachaise © Janos Kaldi, Mairie du 20e
Devant le Monument aux Morts de la Mairie du 20e
© Janos Kaldi, Mairie du 20e

Réunion commune des Associations et Amicales de Déportés sur le thème « La présence de nos associations sur les sites des camps, 75 ans après »

Après un moment de recueillement devant le Monument aux Morts, nous nous sommes dirigés à l’intérieur de la mairie afin d’y assister à la réunion de notre « Interamicale ». Nous en produisons ci-dessous le compte rendu, bien aimablement rédigé par Claude SIMON de l’Amicale de Mauthausen :

Notre assemblée à la réunion de l’Interamicale
© Janos Kaldi, Mairie du 20e

Après le mot d’accueil de Florence de Massol, première adjointe à la maire de l’arrondissement, notant que nos rendez-vous en ce lieu prenaient des allures d’habitude, puis soulignant qu’il y a toujours besoin, contre le révisionnisme et les forces qui l’inspirent (racisme, xénophobie, antisémitisme) de mobiliser les consciences, exaltant enfin le modèle social issu de la solidarité des réseaux de résistance, Dominique Boueilh ouvrit la séance en qualité de Président de l’Union de nos associations et Président de l’Amicale de Dachau. Il évoqua les activités ambitieuses de l’« Interamicale » en 2019 et celles prévues pour le printemps 2020.

Puis, pendant deux heures, fut soumise à examen « la présence de nos associations sur les sites des camps, 75 ans après » de cinq points d’observation : les espaces et édifices commémoratifs, les voyages que nous y organisons, les voyages scolaires que nous assistons, nos relations avec les autorités politiques et avec les associations locales de mémoire, les comités internationaux. Chacune de nos associations avait produit cinq fiches, les synthèses thématiques étant proposées par un représentant de chaque amicale. Dans l’ordre ci-dessus des thèmes : Jean-Michel Clère (Neuengamme), Françoise Marchelidon (Ravensbrück), Jean-Louis Roussel (Mauthausen), Dominique Durand (Buchenwald) et Dominique Boueilh (Dachau). Le lecteur voudra bien se contenter de quelques remarques à grands traits.

De gauche à droite : Jean-Michel Clère, Françoise Marchelidon, Jean-Louis Roussel, Dominique Boueilh et Dominique Durand
© Janos Kaldi, Mairie du 20e

Il est vrai que la diversité même des situations impose prudence : trois États – Autriche (Mauthausen), RFA (Neuengamme, Dachau), RDA (Buchenwald, Sachsenhausen, Ravensbrück) – différemment orientés dans la géopolitique de la guerre froide ; des autorités locales laissant à l’abandon les lieux ou les utilisant plus ou moins durablement comme des opportunités : camp du NKVD pour prisonniers nazis à Buchenwald, camp de déportés « politiques » à Dachau, briqueterie à Sachsenhausen, prison à Neuengamme. Si, à l’initiative de l’Amicale française, l’installation de monuments nationaux à Mauthausen a commencé dès 1949, la fameuse tour de Buchenwald ne date que de 1958, et à Neuengamme, il fallut attendre 35 ans pour que la mairie de Hambourg fasse du site un lieu de mémoire.

Les structures générales des mémoriaux s’en sont trouvées diversement déterminées : la vingtaine de monuments nationaux à Mauthausen n’a d’équivalent nulle part. D’où des conceptions différentes des commémorations : défilé/parcours ou pas, cérémonies nationales ou non, multiplication ou non de gestes individuels (plaques). Ravensbrück semble un cas extrême : occupé par une usine, inaccessible jusqu’en 1989 (caserne soviétique), le camp proprement dit intègre alors le mémorial, centré sur le mur des nations. Jean-Michel Clère conclut sur l’analogie qu’il propose entre les mille hêtres plantés à Buchenwald et les roses « Résurrection » de Ravensbrück.

De 1947 à 1955 se sont aussi institués les voyages de nos amicales jusqu’aux sites où les veuves, orphelins et rescapés venaient se recueillir. Ces pèlerinages se sont ensuite diversifiés, en direction des jeunes (Buchenwald) et des personnes intéressées par cette histoire. Aujourd’hui, le format de ces voyages se resserre sur les quelques jours des cérémonies internationales, se déploient vers quelques camps annexes et sont l’occasion de réunions internationales et de rencontres avec les autorités et les associations locales de mémoire. Certes les délégations françaises qui font ces voyages ont tendance à voir leur nombre baisser et, selon F. Marchelidon, il faudrait se demander quelle proportion des adhérents de nos associations n’ont jamais participé à de tels voyages.

L’évolution est plus complexe pour les voyages scolaires que nous initions, facilitons ou encadrons – cette dernière modalité n’a cours aujourd’hui que pour Sachsenhausen et Mauthausen. Si des lauréats du CNRD sont parfois encore intégrés dans des groupes de « pèlerinages », l’initiative des voyages scolaires revient, naturellement, aux enseignants, et ceux-ci choisissent soit une totale autonomie (au risque de passer à côté du plus significatif), soit un guidage par les Mémoriaux (notamment sur les sites d’Allemagne), soit le partenariat avec nos associations. Dans ce dernier cas, les groupes sont incités à participer aux cérémonies internationales. Jean-Louis Roussel insiste sur trois points : la difficulté croissante de financer ces voyages, les subventions des régions étant restreintes, et le champ d’intervention de l’OFAJ (Office franco-allemand de la jeunesse) se limitant… à l’Allemagne ; une grande inquiétude liée aux changements de programme, qui, en faisant passer la Seconde Guerre mondiale en classe terminale chamboulée par le nouveau bac, risquent de tarir ces voyages ; la possibilité de pallier cette baisse de la motivation didactique en passant par le nouvel « enseignement moral et civique » (EMC) : les sites des anciens camps nazis, et les cérémonies internationales qui s’y déroulent, ne sont-ils pas de puissants foyers pour la réflexion des jeunes sur l’histoire des pays européens, sur la construction européenne et sur les valeurs civiques et politiques censées la fonder ? À Dachau en 2019, une rencontre internationale des jeunes fut ainsi un événement marquant, et des projets du même ordre s’esquissent à Mauthausen.

La situation politique autour des anciens camps, et la capacité de nos associations à y intervenir pour rappeler les valeurs proclamées à leur libération par les déportés rescapés : telle fut la ligne de mire des présentations de Dominique Durand (relations avec les mémoriaux) et Dominique Boueilh (comités internationaux). D. Durand rappelle qu’alors que nos associations sont en place en France dès 1945, l’accès aux sites et a fortiori leur aménagement comme mémoriaux ont été longtemps incertains et parfois plus tardifs. Il assure qu’après s’être graduellement améliorées, aujourd’hui les relations avec ces institutions sont « excellentes » en Allemagne, notamment à travers les Beiräte (conseils consultatifs) auxquels nous sommes associés. Ainsi, dans le contexte actuel de montée de l’AfD (extrême droite, quasi-inexistante depuis 1945), les directeurs des Mémoriaux de Buchenwald, Sachsenhausen et Dachau ont-ils refusé la présence de ce parti aux commémorations, et recevant l’appui de nos associations ; mais il a fallu une mobilisation forte pour qu’en Autriche, le ministère de tutelle du Mémorial, tenu pendant deux ans par le FPÖ, commence à reculer sur ses intentions de fermer et défigurer certaines parties emblématiques du camp. En Autriche comme en Allemagne, il existe aussi, de façons diverses selon les lieux, une vie locale, associative ou politique qui œuvre au dialogue avec nous et à la préservation des sites. Mais, en Allemagne, le changement de situation fiscale des associations risque de pénaliser ce travail. Et l’entretien des sites annexes, moins visités, demeure un combat quand un député de Thuringe déclare que l’histoire de la déportation n’est qu’« une chiure de mouche dans l’histoire » de l’Allemagne – dont en somme il serait tentant d’éliminer les traces.

D. Boueilh montre pour sa part que, derrière l’identique raison d’être aujourd’hui des Comités internationaux, des histoires (inégalement) longues et diverses se distinguent encore. Créés au temps même des camps, les CI de Buchenwald et Mauthausen se présentent encore comme éléments de concrétisation des serments prononcés à la Libération. Mais le CI de Dachau, créé en 1945 pour assurer la sécurité de détenus jusqu’à la libération, disparut après celle-ci, pour ne se reconstituer qu’en 1955, date à laquelle est aussi créé le CI de Ravensbrück. En 1958 se crée l’Amicale internationale de Neuengamme (AIN). À Sachsenhausen, c’est l’Amicale française qui est à l’origine de la création du CI en 1964. L’énergie déployée par nos associations a souvent été déterminante pour le rayonnement de ces comités, dont l’envergure internationale est elle-même inégale (de 6 pays pour Neuengamme à plus de 20 pour Mauthausen et Buchenwald) et un grand nombre de présidents de CI furent ou sont jusqu’aujourd’hui français – le cas de Mauthausen fait exception puisque c’est très souvent un représentant d’un « petit » pays (Slovénie, Luxembourg) qui occupe cette fonction. L’implication idéologique des CI est plus ou moins forte, et leur parole est plus ou moins facilement entendue. D. Boueilh croit discerner une nouvelle dynamique : les CI se réunissent plus régulièrement.

Claude SIMON
Amicale de Mauthausen

Assemblée et tribune à la réunion de l’Interamicale
© Janos Kaldi, Mairie du 20e

Dimanche 24 novembre

Journée d’étude : « Le corps du déporté, icône tragique du XXe siècle »

Une journée d’étude s’est tenue dans le très beau et très moderne auditorium Rambuteau, gracieusement mis à disposition par le Préfet d’Île-de-France et de Paris. Animée par Daniel Simon et Agnès Triebel, elle a été d’une richesse et d’une densité saisissantes, par le nombre, la qualité et la diversité des interventions. Au fil de celles-ci et des images projetées, la centaine de participants ont ressenti que rien – ni la distanciation permise par la qualité des discours, ni parfois la « beauté » (mot revendiqué par Walter Spitzer, qui nous a honorés de sa présence) des œuvres d’artistes – ne pouvait empêcher un indéfinissable malaise de surgir en chacun.

En introduction, Agnès Triebel a justifié avec pertinence le mot « icône » comme relation entre le corps et une connaissance de l’invisible, du jamais connu, de l’enfer.

Daniel Simon a rappelé la genèse de cette journée, depuis le projet d’une table ronde pour Blois. Le sujet de cette journée n’est pas l’état clinique des corps, mais leur représentation. En se félicitant que les savoirs propres de nos associations soient entrecroisés avec l’apport de spécialistes, dans un cadre bien circonscrit – laissant hors champ par exemple les dessins légués par des détenus polonais, italiens, espagnols, ou le cinéma. En soulignant que les camps du génocide n’ont pas ou très peu laissé d’images.

La littérature a, dans cette journée consacrée à l’image, tenu une place importante : une vingtaine de fragments de livres – d’auteurs déportés pour la plupart, mais pas exclusivement : aussi Marguerite Duras, Alain Fleischer, Samuel Beckett – ont été lus entre les interventions analytiques par Lou Simon. Le corps supplicié, désigné crument, accentuant la solennité de la réflexion engagée.

La première partie, « VISÉES DIDACTIQUES », s’est attachée aux monuments tournés vers le grand public.

Yvonne Cossu-Alba s’est interrogée sur la nature iconique des monuments du souvenir des camps au cimetière du Père Lachaise : triple fonction de recueillement, de commémoration et d’enseignement. Elle a souhaité qu’une véritable étude puisse éclairer les effets de ces représentations sur la connaissance et la conscience des visiteurs.

Dominique Durand a présenté le sculpteur allemand Fritz Cremer à travers ses monuments consacrés aux victimes du nazisme à Buchenwald, mais aussi à Vienne, Mauthausen et Ravensbrück. Le contexte politique de la RDA a fortement marqué la construction et le caractère didactique du monument de Buchenwald, inauguré en 1958, consacré à la Paix et à la lutte contre le fascisme. Fritz Cremer et Bertold Brecht ont accompagné l’architecte paysagiste qui a conçu ce mémorial, comme celui de Mauthausen.

Daniel Simon nous a guidés sur l’esplanade des monuments nationaux de Mauthausen. La spécificité de chacun porte un message idéologique de circonstance, mais cette clé d’analyse est réductrice. La somme des représentations donne une image complexe et instable. Le bas-relief en plâtre exposé le 16 mai 1945 pour la première commémoration de la libération, visible aujourd’hui au musée du mémorial, avait offert d’emblée une représentation intense et juste des concentrationnaires. La statuaire n’est pas muette : discours, récits de rescapés, analyse et images textuelles ont ponctué « comme des météores » notre journée.

Caroline Ulmann s’est attachée à l’exposition « Crimes hitlériens » ouverte le 10 juin 1945 au Grand-Palais, dont une publication récente a rappelé l’importance : cinq cent mille visiteurs à Paris et un million dans la France entière l’ont vue, jusqu’à l’automne 1945. Malgré vingt panneaux sans concession sur les différentes formes de massacres, un film, rien n’est dit spécifiquement ni sur l’extermination des Juifs, ni sur la collaboration, ni sur Pétain (dont le procès commence en juillet), ni sur les camps français. L’heure est à la reconstruction. Les images exposées, qui circuleront en France pendant plusieurs années sous l’égide de la FNDIRP, constituent un répertoire d’icônes.

Enfin, Agnès Triebel a présenté le monument commémoratif du Vel’ d’Hiv, dédié aux 13 152 hommes, femmes et enfants raflés à Paris et sa banlieue les 16 et 17 juillet 1942. Créé par Walter Spitzer au début des années 1990, ce monument exprime l’universalité de la souffrance infligée par les nazis au peuple juif, peu avant que le président Chirac ne reconnaisse en 1995, sur le lieu même, la responsabilité de la France dans ce crime.

La seconde partie, « IMAGE À VIF », a été consacrée à des œuvres réalisées par des déportés pendant ou immédiatement après l’enfermement dans des camps.
La première œuvre, présentée par Agnès Triebel, fut réalisée juste après la libération de Buchenwald par un enfant juif allemand, qui prit pour témoigner le nom de Thomas Geve. Il dessine dans le camp libéré et avant d’être accueilli en Suisse. Dans un petit format, il donne en 80 dessins une représentation du système concentrationnaire d’une précision et d’une qualité pédagogique extraordinaires. Après quoi il ne dessinera plus.

Aurélie Cousin a présenté les dessins de Jeannette L’Herminier, résistante active dans la région de Lyon. Arrêtée en 1943, elle est déportée à Ravensbrück. Elle réalisa environ 150 dessins au camp, manière encore de résister : elle ne représente pas les corps amaigris (sauf dans le train du retour), ni les visages, mais essentiellement les attitudes prises par les corps, en relation directe, montre l’analyste, avec les postures de mode féminine ! Elle révèle la beauté des âmes.

Gisèle Provost a analysé quelques-unes des nombreuses médailles réalisées par Pierre Provost, son père, au camp de Buchenwald – trente-deux ont été rapportées. La médaille, art des symboles, est reproductible, transmissible, presque indestructible et témoigne comme un porte-voix, sorte de déplacement du témoin à l’objet.

Agnès Triebel a clos cette deuxième partie sur les dessins réalisés par Walter Spitzer à Auschwitz III, Gross-Rosen et Buchenwald. Alors âgé de 16 ans, il fait la promesse aux résistants du camp qui le protègent de témoigner, avec ses crayons, de ce qu’il aura vu. En avril 1945, il doit à nouveau abandonner tous ses dessins. Sauvé, il redessine aussitôt de mémoire. En 1951, ses œuvres brûlent dans l’incendie de son appartement. Pendant l’interview réalisée dans son atelier le 7 novembre, il montre une toile qui interroge particulièrement : la représentation d’un tabou, l’intérieur de la chambre à gaz. Agnès Triebel cite Kant : « L’art n’est pas la représentation d’une belle chose, mais la belle représentation d’une chose. »

La troisième partie, « GESTES D’ARTISTES », présente le travail de plusieurs artistes à distance du temps de la déportation, ayant ou non vécu l’expérience des camps. La sublimation nous entraîne dans ce qui, peut-être, est de l’ordre de l’art.

Sylvie Ledizet parcourt l’œuvre de Ceija Stojka à partir de sa représentation des corps des déportés, essentiellement des corps de femmes et d’enfants. Ceija Stojka est née en 1933 dans une famille tzigane qui va subir une persécution implacable. Son père fut assassiné à Hartheim. Elle arrive à dix ans à Auschwitz, au camp « des familles », avec le matricule Z6399, puis est transférée à Ravensbrück, et enfin à Bergen-Belsen. Après quarante ans de silence, elle commence à s’exprimer par l’écriture, puis la peinture, totalement autodidacte. Elle fait resurgir un monde intérieur. C’est une œuvre tombeau, d’une grande singularité.

Marie Janot présente l’œuvre méconnue d’Édith Kiss, Hongroise d’origine juive, totalement assimilée, elle est formée à la sculpture à Düsseldorf. Elle est déportée en octobre 1944 à Ravensbrück, puis dans un camp annexe de Sachsenhausen. On connaît surtout son album de 30 gouaches « Déportation » réalisées entre 1949 et 1954. Le corps est montré comme dysfonctionnant, à travers ses postures. Alors qu’elle refusait de parler de la déportation, Édith Kiss a aussi créé quatre frises sculptées sur la déportation (déportation, travail forcé, camp de la mort et libération) pour une synagogue, certainement une commande des autorités.

Enfin, Anne Bernou parle de trois artistes reconnus : Zoran Mušič, Miklos Bokor et Jean-Marc Cerino. Les positions de Zoran Mušič (déporté à Dachau) et Miklos Bokor (juif hongrois déporté à Auschwitz), divergent radicalement sur l’intention expressive. Le premier, après trente-cinq ans de refoulement de la conscience expressive, produit la fameuse série Nous ne sommes pas les derniers. Miklos Bokor, juif hongrois déporté à Auschwitz, transféré à Buchenwald puis Theresienstadt, installé en France en 1960 et mort en 2019, peint surtout des sortes de paysages, en vérité des décors aux figures absentes, aux confins de l’abstraction. Jean-Marc Cerino, né en 1965, artiste de la post-mémoire, travaille les limites de l’effacement, aux limites du visible, à partir d’œuvres de déportés trouvées dans des documents d’archive, telles ses peintures à l’encaustique, blanc sur blanc, réalisées à partir de dessins de déportées de Ravensbrück.

Est-il possible d’établir un bilan de cette journée ? Oui, certainement, mais un bilan provisoire, tant il est certain que sa réussite tient aussi à ce qui a été mis au travail, chez les uns et chez les autres. Quoique sur le temps long d’une journée, il fut manifeste que chacun limitait sévèrement son propos. Combien de débats auraient pu se tenir après chaque intervention ! Et combien d’autres modes de représentation, d’autres points de vue, d’autres outils (comme la photo ou le cinéma, volontairement mis de côté) auraient pu trouver leur place dans les regards croisés portés sur l’insaisissable.

Laurent MEYER
Amicale de Mauthausen

Cette journée d’étude a été filmée et le montage a été réalisé par Bernard Obermosser (Amicale de Mauthausen). Si vous souhaitez visionner cette journée, merci de nous contacter afin que nous vous transmettions un code d’accès (les vidéos sont protégées). Vous pourrez alors vous rendre sur la page d’accueil du site de l’Amicale de Mauthausen, rubrique « actualité », où vous trouverez un article explicatif concernant le visionnage de la journée. Celle-ci a été découpée en plusieurs vidéos, correspondant aux divers chapitres de la conférence.