Du 20 au 22 février 2026
C’est par de belles journées sans pluie, parfois même ensoleillées, que de très nombreux Villeneuvois, élus, familles et amis sont venus rendre hommage aux douze fusillés et aux mille deux cents déportés d’Eysses.
Le 20 février a été dévoilée la carte des rues et places désormais dénommées en l’honneur des douze résistants fusillés à Eysses le 23 février 1944, ainsi qu’une place portant le nom de Jaime Seró Bernat.
Le 21 février, de nombreuses cérémonies se sont déroulées à Hautefage-la-Tour, à Penne-d’Agenais et à sa petite gare d’où sont partis les mille deux cents résistants pour Compiègne, puis Dachau. Unis par leurs convictions, ils ont fait preuve d’un courage exceptionnel face à la répression. Leur force fut aussi celle de la solidarité, une solidarité indéfectible qui les porta tout au long de leur déportation, où ils continuèrent, ensemble, à résister à l’inhumain.




Le 22 février, particulièrement émouvante, la cérémonie à la centrale d’Eysses a revêtu un caractère spécial avec la remise des Palmes académiques à Jean Lafaurie, dans sa 103ᵉ année, résistant et déporté, survivant de cet épisode tragique. Cette distinction de Commandeur lui a été remise par M. le préfet du Lot-et-Garonne, Bruno André et par le maire de Villeneuve, M. Gérard Régnier.
Cette distinction vient saluer un engagement exemplaire, au service de la transmission de l’histoire et des valeurs républicaines. De cette cérémonie, très forte en émotions et ponctuée de musique, de lectures de poèmes et d’hommages, nous retiendrons les derniers mots du discours de Jean Lafaurie, adressés plus particulièrement aux jeunes générations :
« Nous avons résisté jusque dans les camps de la mort pour conserver notre dignité et notre humanité. C’est cette même humanité qui nous fait combattre aujourd’hui le racisme et l’antisémitisme dans notre pays. (…) Dans le désordre mondial auquel nous assistons actuellement, marqué par l’instabilité et la brutalité, où les fondements de notre démocratie sont bousculés, il est plus que jamais nécessaire de rappeler les valeurs humanistes qui ont motivé nos engagements dans la Résistance, au-delà de nos différences sociales, géographiques, politiques ou religieuses. (…) Les jeunes des années 1940 s’adressent aux jeunes d’aujourd’hui pour leur donner ce conseil : N’oubliez pas les leçons de l’Histoire. Elles vous aideront à trouver votre propre voie et seront nécessaires pour garder l’espoir d’un avenir meilleur. »
Se souvenir d’Eysses, c’est rappeler que, même dans les moments les plus sombres, la fraternité et la solidarité peuvent être plus fortes que la barbarie.
Ne jamais oublier… Transmettre… Toujours.



Michèle JUBEAU-DENIS (texte)
et Philippe BELLAVOINE (photos)
Amicale de Dachau Nouvelle-Aquitaine
Une courte vidéo de la cérémonie devant le Mur des fusillés d’Eysses, réalisée par Magali PEREZ pour la mairie de Villeneuve-sur-Lot, est accessible ici :
https://youtu.be/WI-8GIqxjkw