Journée nationale de la Déportation, 26 avril 2026

Message pour la Journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la déportation

Le dernier dimanche d’avril, notre nation est appelée à rendre hommage aux victimes et héros de la déportation disparus dans les camps de concentration et les centres d’extermination nazis. La mort par le gaz, le travail forcé, la faim, la soif, les sévices de toutes sortes : tel était le traitement infligé à tous ceux que les nazis considéraient comme des ennemis du Reich en raison de leur engagement dans la Résistance, de leurs choix politiques, de leurs convictions religieuses, de leur mode de vie, ou même sans raison particulière pour toutes les victimes des rafles.

Lorsque les armées alliées entrèrent dans les camps, elles ont été confrontées à l’horreur de l’enfer concentrationnaire. Parmi les milliers de cadavres qui jonchaient le sol, des survivants erraient parmi les décombres, regards vides, corps décharnés : des enfants, des femmes et des hommes dont l’identité avait été retirée pour mieux les avilir. Il s’agissait d’une entreprise systématique de déshumanisation poussée à l’extrême jusqu’à la pratique d’expériences pseudo-médicales par des médecins nazis sans aucun scrupule.

Malgré l’avancée des forces alliées sur tous les fronts, le IIIe Reich n’a pas renoncé à son dessein mortifère. Il ordonne l’évacuation des survivants des camps qui se transforme en d’impitoyables Marches de la Mort.

Les déportés qui sont revenus de cet enfer, ont vécu un retour difficile à la vie et à la liberté. Mais, fidèles aux serments prêtés à leurs camarades disparus, les survivants ont, malgré leurs propres traumatismes ou la difficulté d’être crus, pris le chemin courageux du témoignage.

Au moment où les derniers déportés nous quittent, la remémoration de leurs engagements et de leurs sacrifices doit continuer d’être un rempart contre l’ignorance, l’oppression et l’antisémitisme. Aujourd’hui se jouent de nouveaux équilibres mondiaux dans des rapports de force anxiogènes, et le combat des déportés, attachés au respect du droit international porté par le tribunal de Nuremberg, ne doit pas rester vain.

La mémoire de la déportation s’inscrit dans le patrimoine immatériel de l’humanité en ce qu’elle a de plus sombre, aussi sa transmission se veut-elle un acte de confiance à l’égard des jeunes générations dont la conscience et la responsabilité doivent permettre de garantir les valeurs civilisatrices de paix, de liberté, de dignité pour tous.

Ce message a été rédigé conjointement par La Fédération Nationale des Déportés et Internés, Résistants et Patriotes (FNDIRP), La Fondation pour la Mémoire de la Déportation (FMD), L’Union Nationale des Associations de Déportés et Internés de la Résistance et Familles (UNADIF – FNDIR)

Cérémonie du ravivage de la Flamme sous l’Arc de Triomphe

Depuis sa création en 1945, l’Amicale de Dachau est présente chaque année, à la fin du mois d’avril, sous l’Arc de Triomphe, afin de raviver la Flamme et de déposer une gerbe sur la tombe du Soldat inconnu. Cette cérémonie est pour nous l’occasion de commémorer la Journée nationale de la Déportation, mais également de rendre un hommage particulier à la libération du camp de Dachau.

Outre les représentants et membres d’associations mémorielles, de nombreuses personnalités officielles étaient présentes sous l’Arc de Triomphe le 26 avril dernier. On notera notamment la présence de Mme la ministre Aurore Bergé, ainsi que celle de M. le maire de Paris, Emmanuel Grégoire.

Elisabeth Nicot, Pascal Schillio et François Letissier (de gauche à droite ci-dessus), tous trois enfants de déporté de Dachau, ont déposé la gerbe de l’Amicale. Crédit photo Mémorial de la Shoah, Benjamin Vodant.

Hommage à Jules Guihard et aux déportés de Combourg lors de la Journée du souvenir de la Déportation

Le 25 avril 2026, à Combourg, place des Déportés, Bertrand Gicquel et Sandra Chelloug, arrière-petit-neveu et nièce de Jules Guihard (1893-1945), tous deux membres de l’Amicale, Lionel Flambard, président des Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation d’Ille-et-Vilaine (35) et membre du conseil d’administration de l’Amicale de Dachau, ainsi que le comité du Souvenir Français de la Bretagne Romantique, présidé par Thierry Mazurier, étaient présents pour rendre hommage aux victimes de la Déportation, à l’occasion de la Journée nationale du souvenir.

Cette cérémonie a permis de rappeler le parcours de Jules Guihard, résistant de Combourg. Arrêté le 26 novembre 1943, il fut emprisonné à la prison Jacques-Cartier de Rennes, où il subit des interrogatoires et la torture. Incarcéré à Vitré, puis à Angers et enfin à Compiègne, il est déporté le 2 juillet 1944 par le tristement célèbre « Train de la Mort », puis interné au camp de concentration de Dachau. Mécanicien de profession, il est affecté au camp annexe d’Allach dès le 22 juillet 1944. Souffrant du typhus, il est renvoyé le 26 janvier 1945 au Revier de Dachau, où il est soumis aux expérimentations médicales de Klaus Schilling. Il subit une dissection après son décès le 22 février 1945.

Au cours de cette cérémonie, devant les porte-drapeaux, les représentants des associations mémorielles, les élus, les Combourgeois, les descendants des familles Guihard et Desrieux ainsi que les familles de déportés, réunis pour cet hommage, Bertrand et Sandra ont pris la parole pour retracer la vie et la déportation de leur arrière-grand-oncle et de ses camarades. Leur témoignage, ainsi que les cadres photos des déportés confectionnés pour l’occasion, ont permis de redonner un visage et une histoire à chacun des Combourgeois qui ont sacrifié leur vie au nom de la liberté. Une mémoire qu’il nous appartient de préserver précieusement et de transmettre à toutes les générations.

L’Amicale de Dachau s’associe pleinement à cet hommage rendu à Jules Guihard et, à travers lui, à tous les résistants déportés qui ont connu les souffrances du système concentrationnaire nazi.

Sandra CHELLOUG

Cérémonie du 25 avril 2026, place des Déportés à Combourg (Ille-et-Vilaine) — Journée nationale du souvenir de la Déportation. / Sandra Chelloug, Bertrand Gicquel et André Poulain, descendants de Jules Guihard, réunis pour perpétuer la mémoire de leur aïeul et de l’ensemble des déportés de Combourg.
Bertrand Gicquel, aux côtés de Paul Gautier, arrière-arrière-petit-fils d’Ernest Gautier, déporté avec ses deux fils Jean et Eugène, résistants et compagnons de lutte de Jules Guihard. Paul Gautier présente l’un des quatre tableaux réalisés par Bertrand en hommage aux résistants déportés de Combourg. À travers cette rencontre entre générations, les descendants perpétuent la mémoire de leurs aïeux, unis autrefois dans le même combat pour la liberté.

25 avril 2026 à Segonzac

La cérémonie du 81ᵉ anniversaire de la libération des camps de concentration s’est déroulée le 25 avril 2026, en présence de Mme Marina Barbot, conseillère départementale de la Charente, de M. le Maire Laurent Georges, des autorités, des Anciens combattants, des sapeurs-pompiers, ainsi que d’un public nombreux, parmi lequel les élèves du lycée Claire Champagne et les jeunes du club de majorettes. Les nombreux porte-drapeaux présents ont également contribué à la solennité de l’événement.

Ce fut un moment de grande émotion, marqué entre autres par les lectures de Clarisse, Ombeline et Bertille, élèves de terminale au lycée Claire Champagne de Segonzac. Ont été notamment lus « Le Serment de Dachau », le poème « Au froid, à la faim, aux coups » de Micheline Maurel et un extrait du discours de Jean Lafaurie, notre déporté centenaire, prononcé lors des journées d’Eysses. J’ai eu l’honneur et l’émotion de lire ce dernier texte, qui a permis de rappeler les valeurs humanistes, le courage immense de chacun et l’engagement dans la Résistance.

La cérémonie s’est poursuivie par la remise de gerbes, réalisée avec la participation des jeunes Clarisse, Ombeline, Bertille et Valentine, venue de Charente-Maritime.

« N’oubliez pas les leçons de l’Histoire : elles vous aideront à trouver votre propre voie et seront nécessaires pour garder l’espoir d’un avenir meilleur. » Jean Lafaurie

En fin de cérémonie, notre porte-drapeau, Raymond Jubeau, a reçu des mains d’Alphonse Saint Marc, l’un de nos adhérents, la distinction récompensant 20 années de service, avec étoile dorée.

Félicitations et remerciements à Raymond et à Alphonse.

Michèle JUBEAU-DENIS

Photographies : Philippe Bellavoine, Danielle Varenne et Joëlle Eschenbrenner

81e anniversaire de la libération des camps de concentration à Cognac

La cérémonie du 26 avril, en présence de Madame la Sous-préfète, du colonel de la base aérienne Amaury Colcombet, de Monsieur le Maire Morgan Berger, des autorités, de nombreux porte-drapeaux, des Anciens combattants ainsi que de nombreux élus, a rassemblé la ville dans un profond recueillement afin d’honorer les déportés et les résistants.

Chacun a partagé ce moment de grande émotion. La cérémonie a été marquée par les lectures de Madame Jubeau-Denis, présidente de l’Amicale de Dachau Nouvelle-Aquitaine, avec un extrait du discours de Jean Lafaurie, ancien déporté de Dachau, prononcé à Eysses, ainsi que par les élèves de la classe Défense du collège Élysée Mousnier (texte de Geneviève de Gaulle-Anthonioz).

Le Chant des Partisans, le Chant des Marais et Nuit et Brouillard ont accompagné cet hommage, devant un public nombreux et recueilli.

Se souvenir… c’est ne jamais oublier.

Michèle JUBEAU-DENIS

81e anniversaire de la libération du camp de Dachau

À l’occasion de ce 81e anniversaire, le 1er mai 2026, une délégation du Comité international de Dachau, composée du commissaire général Jean-Michel Thomas, président honoraire du CID, du Dr Joëlle Delpech-Boursier et du lieutenant-colonel (H) Serge Quentin, s’est rendue au camp de Mühldorf pour les cérémonies commémorant sa libération. Ils y ont rejoint la délégation du Souvenir Français en Allemagne, présidée par Monsieur Wolff. Ensemble, ils ont honoré la mémoire de ce kommando, où régnaient l’horreur et des conditions de vie insoutenables.

Dominique Boueilh, 1er mai 2026

Pendant ce temps, se tenait au centre Max Mannheimer de Dachau le forum des descendants, avec la participation du mémorial KZ-Gedenkstätte Dachau et de la fondation bavaroise Stiftung Bayerische Gedenkstätten. Chaque exposant, dont le CID et l’Amicale de Dachau, avait préparé des documents et des ouvrages consultables sur place. Chaque nation présentait également des témoignages écrits, oraux et visuels afin de partager des histoires personnelles, des fragments de vie de leur père, de leur frère, de leur mère, de leur sœur, d’un oncle, d’une tante, voire d’amis déportés à Dachau. Chaque parcours de vie a été évoqué avec beaucoup d’écoute et de compassion.

Nous nous sommes réunis en groupes pour discuter des impacts et des influences que les traumatismes vécus dans les camps de concentration ont eus sur les personnes revenues de déportation, mais aussi sur leurs descendants directs et indirects. Chacun avait à cœur de raconter son histoire personnelle, afin de centrer, voire de recentrer les échanges. Pour un temps véritablement qualitatif, plus d’une heure et demie aurait été nécessaire. Nous avons ensuite restitué ces échanges afin de nourrir l’assemblée réunie, chaque groupe ayant réfléchi à une notion différente liée à la descendance. La richesse des discussions est venue confirmer l’idée initiale d’étudier les impacts émotionnels et intellectuels sur nos vies actuelles.

Dans l’après-midi, nous avons assisté à un colloque consacré à la posture des déportés au sein du camp. Des témoins sont venus illustrer, pour chaque nation, des histoires singulières, en évoquant en leur nom propre ce que ces héritages génèrent dans leur vie actuelle. Parmi eux figuraient Cristina Cristóbal (Espagne, secrétaire générale du CID, petite-fille de Fermín Cristóbal López, Barcelone), Vera Zolota (fille de Volodymyr Iwanowitsch Dshelali, Marioupol), Tamara Candotto (Italie, fille de Mario Candotto, Doberó del Lago), Inès Eichmüller (présidente de VEVON, petite-fille de Leonhard Eichmüller, Nuremberg) et Judith Faessler (petite-fille de Max Mannheimer, Munich), qui répondaient aux questions sous forme d’entretiens menés par l’animateur du Mémorial de Dachau.

De l’ensemble des échanges, y compris lors des questions-réponses avec le public, il ressort que nos aïeux avaient une profonde soif de vivre et ne se considéraient pas comme des victimes, même si certains canaux de communication les présentent parfois ainsi.

Sandra Quentin et Jean Lafaurie, 103 ans, au Centre Max Mannheimer, 1er mai 2026

C’est Jean Lafaurie qui est intervenu à la fin de la table ronde. Resté jusque-là dans une écoute attentive sans prendre la parole, il a rappelé qu’en tant que prisonniers, ils vivaient, s’accrochaient et souriaient parfois, afin de ressortir grandis, plus forts et plus joyeux, car ils connaissaient mieux le prix de la vie. Il a également souligné qu’il ne fallait pas oublier et qu’il convenait de réfléchir aux liens avec notre actualité internationale.

Après ces témoignages, nous nous sommes rendus aux cérémonies organisées dans les cimetières du Leitenberg et du Waldfriedhof afin d’y honorer la mémoire des déportés décédés durant leur déportation.

Jean Lafaurie en tête du pèlerinage

Après un effort de marche soutenu, l’ensemble des délégations du CID se sont retrouvées au cimetière du Leitenberg, situé au somment d’une longue et raide montée. Serge Quentin a dirigé le dépôt de gerbe, effectué par Dominique Boueilh, la ville de Dachau et le CID.

Drapeau du CID avec les autorités pour le dépôt de gerbe au pied de la croix du Leitenberg

Nous nous sommes ensuite rendus au cimetière du Waldfriedhof, toujours sous la direction de Serge Quentin, afin d’y honorer les lieux et les victimes. Un vétéran de l’armée américaine nous y avait rejoints. Par sa présence, il a tenu à s’associer à cet hommage, dans un esprit de recueillement et d’humilité. C’est tous ensemble que nous avons entonné le Chant des Marais, chacun dans sa langue, avec solennité, sous la direction du chef de chœur Jean-Michel Thomas.

Cimetière Waldfriedhof, 1er mai 2026
Jean Lafaurie avec un vétéran US

L’assemblée générale du samedi 2 mai a réuni les 32 membres du conseil d’administration. Elle s’est également tenue au centre Max Mannheimer, à partir de 8 h 30, et était présidée par Dominique Boueilh.

À la différence des années précédentes, en plus des rapports financier, moral et d’activité, un vote a été soumis aux membres du conseil d’administration afin de proposer une nouvelle modalité d’élection du président du CID, qui interviendra en 2027.

Les participants ont pu échanger librement sur l’avenir du CID et sur son fonctionnement. Jean Lafaurie a assisté à l’ensemble de l’assemblée générale avec une vive attention. Chacun a pu s’exprimer sur les activités de l’année ainsi que sur les projets à développer, notamment en ce qui concerne les moyens de communication du mémorial KZ-Gedenkstätte Dachau.

32 membres de l’AG du CID, avec au centre Jean Lafaurie et Dominique Boueilh, 2 mai 2026, centre Max Mannheimer
De gauche à droite : Dominique Boueilh, Jean Lafaurie, George Legmann, Appellplatz, 2 mai 2026

Dans la continuité de notre engagement à Dachau, et pour conclure cette journée de mémoire, nous nous sommes rendus sur l’Appellplatz, à proximité de l’entrée du camp de Dachau, où Dominique Boueilh, Jean Lafaurie (Eysses) et George Legmann (Brésil) ont déposé une gerbe en hommage à la mémoire des prisonniers, des déportés et des vétérans. « Never again » est plus qu’une devise : inscrite au pied du monument, elle constitue un symbole de résilience, invitant chacun au recueillement et à saluer la force, le courage et les valeurs de la liberté.

Traditionnellement, nous avons poursuivi notre parcours de commémoration vers le monument aux morts de l’ancien champ de tir SS d’Hebertshausen, où les discours s’enchaînent, dans la symbolique de ce massacre sans précédent. Je rappelle qu’il s’agit d’un lieu d’horreur où 4 500 prisonniers de guerre de l’ex-Union soviétique ont péri entre septembre 1941 et juin 1942. Les nazis y ont utilisé leurs armes pour s’entraîner à tuer, ont exterminé de sang-froid et fait régner la terreur, dans l’une des expressions les plus perverses de l’extermination. Les soldats soviétiques furent, après les Juifs, parmi les principales cibles des nazis entre 1943 et 1945.

Lors de cette commémoration, nous avons écouté Christopher Vila et Franziska Sessler, respectivement président et vice-présidente de la communauté des anciens du camp de Dachau, la Lagergemeinschaft Dachau. S’en est suivi le discours d’Ernst Grube, membre du présidium de la Lagergemeinschaft Dachau, qui a axé son intervention sur le respect du droit international.

Ce fut ensuite le tour de Gabriele Triebel, députée au Landtag bavarois et présidente de la Fondation Mémorial européenne de l’Holocauste, qui a souligné l’importance de ne pas rester dans l’ignorance de telles atrocités. Selon ses propres mots : « Chacun d’entre nous peut s’opposer à l’inhumanité par la force de l’humanité, de la curiosité, de l’empathie et de la solidarité. »

Enfin, comme chaque année, une étudiante, Khrystyna Maksymliuk, bénévole ukrainienne de l’Église protestante de la Réconciliation au Mémorial du camp de concentration de Dachau, a pris la parole en allemand. Elle a évoqué des faits historiques afin d’illustrer la nécessité d’une plus grande responsabilisation : la mémoire ne peut être un simple point final, mais doit au contraire constituer un point de départ vers la responsabilité. Elle a également insisté sur l’exigence d’une plus grande honnêteté dans la protection de la dignité humaine, qui ne peut être sélective, afin de s’inscrire pleinement dans la détermination du « Never Again ».

Dominique Boueilh, office dominical œcuménique du 3 mai 2026

Le lendemain, dimanche 3 mai, était consacré aux commémorations au sein du camp de concentration de Dachau. Un temps de recueillement était proposé selon chaque confession. Dominique Boueilh a rendu hommage au pasteur Bjorn Mensing pour toutes ses années de service dans l’église du camp, lors de la célébration œcuménique réunissant les chrétiens de différentes confessions : catholiques, évangélistes, orthodoxes et protestants.

Devant le crématorium du camp de Dachau, drapeaux internationaux

Après l’office, nous nous sommes rassemblés au crématorium, entourés des drapeaux internationaux det outes les nations représentées dans le camp, portés par des lycéens de Dachau ainsi que par quelques membres du CID. Monsieur le maire de Dachau, Florian Hartmann, a ouvert le temps des discours à l’occasion de ce 81e anniversaire de la libération du camp. La cérémonie, empreinte d’une grande solennité, a mis en avant la symbolique de la Rose blanche, en hommage au mouvement de résistance allemande fondé en 1942.

Puis Jean Lafaurie a pris la parole. Fidèle à son engagement, il a prononcé un discours empreint de paix et d’espérance, avec une humilité et une dignité qui en ont fait une véritable leçon de vie.

Jean Lafaurie, résistant déporté d’Eysses à Dachau

Le CID remercie M. Hartmann pour son engagement à honorer cette cérémonie chaque année. Accompagné du président du CID, Dominique Boueilh, et de ses invités, il a procédé à un dépôt de gerbe au pied du monument du Déporté inconnu. Le trompettiste a ensuite interprété le « Last Post », marquant un profond moment de recueillement.

Anze Sinkovec, porte-drapeau du CID
Katerina Bendova, portant le Livre des Morts

Les jeunes porte-drapeaux, précédés du drapeau du CID porté en tête par Anze Sinkovec (Slovénie), se sont dirigés vers le petit pont afin d’inviter les autorités, les anciens déportés, leurs familles et leurs proches à former un cortège en direction de la place d’appel. Cette année, Katerina Bendova a eu l’honneur de porter le « Livre des Morts » tout au long du cortège, au son des cloches résonnant dans tout le camp.

Nous avons ensuite rejoint la place d’appel, où les discours se sont poursuivis sous un soleil de plomb. Un chapiteau avait été installé pour accueillir les autorités et les invités désignés par l’organisation du Mémorial.

Lieutenant-colonel (H) Serge Quentin

Serge Quentin, organisateur de ce temps officiel de commémoration, a ouvert et dirigé la cérémonie avec le soutien du Mémorial KZ-Gedenkstätte Dachau. Certains discours se sont prolongés, sans qu’il soit envisageable d’interrompre les anciens déportés désireux de témoigner, tandis que certaines interventions politiques faisaient écho à une actualité diplomatique particulièrement chargée.

Dominique Boueilh, président du Comité international de Dachau

Monsieur Christoph Thonfeld, directeur adjoint du Mémorial, Monsieur Karl Freller, directeur de la Fondation des mémoriaux bavarois, Monsieur Dominique Boueilh, président du Comité international de Dachau, Madame Lynne Farbman, survivante, Monsieur George Legmann, survivant, Monsieur le Docteur Robin Mishra, chef du département Histoire et Mémoire auprès du délégué du gouvernement fédéral à la Culture et aux Médias, ainsi que Monsieur Alexander Hold, deuxième vice-président du Parlement bavarois, ont chacun prononcé un message empreint de profondes valeurs humanistes.

Leurs interventions ont laissé place à l’orchestre de musique classique, marquant la transition vers la cérémonie de dépôt de gerbes, à la suite de celle effectuée par le président du CID et les autorités officielles. À cette occasion, une minute de silence a été observée après la lecture des noms des déportés décédés au cours de l’année.

Chaque nation, au son de la musique où résonnent les valeurs, la mémoire et les honneurs, a porté sa couronne de fleurs au pied du monument de la place d’Appel, dans un recueillement solennel, avant d’entonner le Chant des Marais, toujours sous la direction attentive de notre chef de chœur, le commissaire général Jean-Michel Thomas, président honoraire du CID.

Au-delà de la gerbe, la symbolique de la couronne, dans ce temps de cortège fleuri, constitue une invitation à honorer la mémoire, à inscrire en soi, au fil de l’avancée vers le monument, ces valeurs de paix, de courage et de liberté. Celles-ci dépassent les mots pour dire les maux que nos parents, grands-parents, frères et sœurs, proches déportés, ont traversés.

Cet anniversaire fut empreint d’émotion, de recueillement, de riches échanges, mais aussi de joie et d’espérance, aux côtés de Jean Lafaurie, qui a témoigné d’une profonde ferveur tout au long de ces commémorations et qui nous offre une belle leçon de ce qu’est la liberté.

Sandra QUENTIN